Peignes et rasoirs en main, le Spot est ouvert

Nouvelle
Un salon de barbier communautaire, baptisé le Spot, occupe désormais un local aux habitations Saint-Sulpice.

Un salon de barbier communautaire, baptisé le Spot, occupe désormais un local aux habitations Saint-Sulpice.

Besoin d’une nouvelle coupe de cheveux pour l’automne? Un salon de barbier communautaire, baptisé le Spot, occupe désormais un local aux habitations Saint-Sulpice. Ouvert depuis juin, il a pour objectif de former les jeunes résidants dans trois HLM d'Ahuntsic.

Les jeunes de 10 à 30 ans des habitations Saint-Sulpice, André-Grasset et Meunier-Tolhurst, ont un nouveau lieu pour développer leurs compétences. Le concept? Un salon de barbier, qui accueillera à terme un studio d’impression de t-shirts ainsi qu’un bar à ongles et cils. Fruit d’une collaboration avec le Carrefour jeunesse emploi (CJE) et l’Office municipal d’habitation de Montréal (OMHM).

Pendant la semaine, les jeunes ont la possibilité de participer à des ateliers proposés par l'organisme l’Entre-Maisons d’Ahuntsic. Ils pourront y apprendre les bases de la coupe de barbe et de cheveux, ainsi que la pose d'ongles et de cils. De plus, des professionnels du métier viendront deux fois par mois pour diriger des ateliers visant à les inspirer et à les éclairer sur l'entrepreneuriat.

Un salon qui relève du miracle! 

Quand l'équipe est allée visiter le local pour la première fois afin d’évaluer les besoins, tous se sont demandé comment ce serait réalisable. Il y avait une forte odeur d’humidité. La cause? Un drain caché dans un mur qui coulait depuis longtemps. La moitié du local a dû être démoli, il a fallu tout désinfecter et refaire les murs. Il y a eu un lot de surprises en démolissant! Il y avait plusieurs problèmes à régler avant même de commencer au projet pour les jeunes. Grâce à l’énergie des équipes, la volonté de chacun, il fallait rester vraiment créatifs et inventifs avec le peu de moyens.

André Allaire, directeur de projet à l’OMHM, a grandement contribué au projet : « Il fallait attirer les jeunes avec quelque chose de beau et d’intéressant, sinon on rate l’occasion et ils vont rester chez eux. J’ai un travail et je veux aider, ce projet est rassembleur pour toute la communauté. »

Michel Émond, directeur d'habitations, a témoigné que le travail était colossal : « Je suis très fier d’avoir pu réaliser le projet dans les très courts délais demandés. On a fait un suivi assez serré des travaux pour finalement arriver à temps pour le projet. »

Sortir du cadre

Sortir de son milieu est l'objectif du Spot. Il encourage les jeunes à croire en leurs compétences. Beaucoup de ces jeunes se connaissent depuis l'enfance et grandissent ensemble dans le quartier. Il est courant que les jeunes ne s'en éloignent pas. Greg Pradel, chargé de projet au CJE, insiste sur le fait qu'ils ne sont pas simplement le produit de leur environnement, mais plutôt de leurs circonstances.

Identité et communauté

Un lien particulier se crée avec un barbier, car un salon de coiffure devient rapidement un lieu de confidences où tout peut être partagé. Cela offre une opportunité précieuse pour l'intervention sociale, car les jeunes peuvent discuter ouvertement de leurs problèmes. Ryad et Victor, deux jeunes résidants des habitations Saint-Sulpice, ont commencé dans leur chambre en coupant la barbe et les cheveux de leurs amis. Aujourd'hui, ils offrent un service professionnel à toute la communauté!

Envie d'y aller?

Le salon de barbier n’est pas seulement ouvert aux résidants, mais prend des clients à l'externe aussi au tarif de 20 $. Un prix raisonnable pour valoriser les jeunes et leur travail. Ils peuvent aussi couper les pointes des femmes, des filles et coiffent tous les types de cheveux (raides, crépus, ondulés, bouclés, frisés, etc). Le Spot accueillera bientôt un bar à ongles et cils. Un studio d’impression sur t-shirt est également prévu. Pour prendre rendez-vous, il faut communiquer avec eux via leur page Instagram (@lespot_ahunstic).

Autre salon dans la Petite-Bourgogne

Ouvert pour les résidants, on attend l’ouverture officielle pour le grand public! Même Fady Dagher, chef du SPVM, est allé s’y faire couper les cheveux au printemps.